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Pseudo: Lyazid AbidCatégorie: PolitiqueRecommander ce blog
Lundi 16 Avril 2007

Coupe du Monde 2006 : Australie-Italie, le drapeau berbère et Bruno, l'ours clandestin

 Ambiance de fête en Allemagne a l'occasion de la Coupe du Monde 2006

Assister à une ou plusieurs rencontres de football que se livrent actuellement les 32 meilleures équipes du monde sur le sol allemand est un vrai bonheur. Pour les mordus du ballon rond, et nous sommes de plus en plus nombreux, c'est un moment de détente inégalé. Le seul obstacle à ce délice c'est l'acquisition de tickets. Très nombreux sont ceux qui ont tenté de décrocher ce sésame. Comme la chance ne peut pas sourire à tout le monde, il reste pour ceux qui ne sont pas tiré au sort les grands écrans installés un peu partout pour l'occasion. C'est le seul moyen subsidiaire pour se fondre dans l'ambiance enivrante de la foule. À l'instar de la majorité de mes connaissances, je ne figure pas parmi ceux qui sont tirés au sort pour l'achat des billets.

Résignés à ne suivre aucune partie en live, on s'est contenté d'observer, sur la Münchner Freiheit, artère principale de Münich, la joie et la déception des supporters à chaque fin de match joué dans l'Arena Stadion. Mais comme il ne faut jamais désespérer voila qu'un collègue de travail et Ami, Armin, me propose un Ticket, gagné en participant à un jeu organisé par la Deutsche Bahn, chemin de fer allemand, pour assister à la rencontre Australie-Italie comptant pour les 1/8 de finale de ce tournoi.

Le matin du le 26 juin de cette année, le soleil était au rendez-vous, les billets en poche, deux drapeaux berbères flambants neufs, attachés à des hampes à l'aide d'une agrafeuse, nous attachâmes nos ceintures de sécurité et nous primes la direction du nord.

A quatre heures de route de Münich vers le nord-ouest de l'Allemagne, c'est un Kaiserslautern, multicolore, gai, souriant et dilué dans un air de fête bon enfant qui nous accueille. Cette ambiance spécifique aux grand rendez-vous du foot est à vivre, au moins une fois.

Cette ville de 100.000 habitants obtint son nom d'après « Lutra » (Lauter), la petite rivière qui la traverse, était pour l'occasion plus belle que jamais. D'emblée, une ambiance enivrante vous envoûte et vous certifie que ni le nombre impressionnant de policiers, appuyés par des hélicoptères scrutant la moindre parcelle de la ville, ni les dépassements éventuels des supporters ne pourraient perturber la WM-Fieber : Intégralement (fièvre du mondial)

La voiture rapidement garée, le renseignement sur la direction du stade pris, les deux drapeaux berbères suspendus à nos épaules réciproques, nous nous mîmes en route vers le mythique Fritz-Walter-Stadion. Quelques minutes plus tard un allemand nous demande nos pronostics, Armin réplique qu'il souhaitait voir la lointaine et sympathique équipe d'Australie prendre le dessus sur nos voisin Italiens. Un vieil homme, ayant tout de suite saisi nos penchants, nous interpelle de son balcon situé au rez-de-chaussée d'un immeuble et nous lance : l'Italie remportera cette partie haut la main. Plus loin, à un carrefour, en entamant une légère montée pour atteindre les portes d'entrées du Stadion, des voies s'élevaient : Collina ! Collina !! C'est Collina !!!… en me retournant j'ai, aussi de suite, reconnu l'italien Pierluigi Collina, à son crâne brillant. Arbitre exemplaire par son impartialité et le respect qu'il impose lors des matches même les plus chauds. Aussitôt descendu de son véhicule pour demander un renseignement aux policiers et autres organisateurs, une foule intense et multicolore était déjà amassée autour de lui pour lui demander des autographes.

A quelques mètres du stade, nous, nous diluâmes dans la foule et curieusement des supporters de tous pays confondus, n'ont pas hésité à venir nous questionner sur l'origine du drapeau que nous agitions. Armin, allemand, ne savait où donner de la tête car bien qu'au courant du problème de reconnaissance identitaire des Berbères, il ne pouvait répondre rapidement aux questions précises et insistantes de ces curieux. Il les renvoyait vers moi. J'ai essayé, à la hâte, de situer géographiquement les berbères, de citer quelques repères culturels, historiques mais sans succès. Je pouvais voir dans les yeux de nos curieux un très grand point d'interrogation. N'ayant pas accepter de laisser ces curieux supporters sur leur faim, j'ai spontanément répliqué : Zidane vous connaissez ??? Ouiii !!!! Me répondaient-ils. Bien ce drapeau puise ses racines du pays dont Zidane est originaire. Ainsi continuèrent nos curieux leur chemin vers le stade visiblement satisfaits. J'ai l'impression que la signification des couleurs de notre joli drapeau, le rapport direct avec la nature : Le vert pour la montagne, le bleu pour la méditerranée et l'océan et le jaune pour le Sahara et le soleil a particulièrement ravi ces curieux.

En effet, Zidane peut, en plus de toutes les sensations qu'il ne cesse de nous procurer avec l'inégalable élégance de ces gestes, nous faire l'économie de plusieurs années de combat pour l'officialisation de la langue berbère. Il lui suffit de déclarer son attachement à la culture de ses parents. N'avons-nous pas tant espéré, en 1998, après la finale de la coupe du monde remportée par l'équipe de France face au Brésil, un Zidane, sur les Champs-Élysées, revendiquant avec insistance l'officialisation de la langue berbère. Quel soupir mais aussi quelle frustration ! Ce ne fut qu'un rêve mais qui sait…

Une fois au milieu des 46000 supporteurs du majestueux Fritz-Walter-Stadion, un spectacle sans semblable, sur un fond de fanfares et des Viva Italie d'un coté et Australia ! Australia !!! d’un autre, s'offrait à nous. Je trouvais très amusant les supporteurs allemand qui profitaient des moments d'accalmie pour scander d'une seule voie : Sans la hollande, nous irons à Berlin. La fin du match vous la connaissez : L'esprit combatif et sans relâche de la sympathique formation australienne n'a pas suffit à fléchir le flair et la ruse de l'expérimentée squadra azzurra.

Sur le chemin du retour vers le parking, le même vieil homme sur son balcon du Rez-de-chaussée nous interpella de nouveau: C'était « ein Betrug » ! (Tricherie), Il n'y avait pas penalty. Cette fois-ci, Il ne semblait pas déguster la victoire de son favori. A-t-il entre temps changé d'avis ?

En plus des discussions portant sur le ballon rond, un autre événement a occupé la une des rédactions en cette journée du 26 juin : la mort de Bruno, un ours venu d'Italie et entré sur le territoire bavarois sans autorisation. La mort de cet ours, après une chasse sans merci, a suscité l'indignation des amis des animaux. D'une conférence de presse à une autre, les responsables ont vraiment du mal à expliquer leur décision d'abattre cette pauvre bête. Pour la majorité des bavarois, ce geste est impardonnable.

 Mardi 04 Juillet 2006

Lyazid Abid, Rédacteur en chef de l'ex-L'Hebdo n Tmurt

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 Source : http://www.racines-izuran.com

 Racines-Izuran, Le bimensuel de la Culture et de la Société www.racines-izuran.com

 

 

 

 

 

publié par Lyazid Abid publié dans : sahara

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